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Biennale Traces - Monde en migration

Biennale Traces - Monde en migration du 5 au 30 novembre en région Auvergne-Rhône-Alpes

Monde en migration est un écho-réponse, deux ans après, à la question que posait la biennale Traces en 2016 : "Vous avez dit [crise] des migrants ?".

Ce qu’on appelle aujourd’hui migration est la confirmation, dans un contexte dit désormais mondialisé sur le plan économique, télé-technologique, environnemental... de ce que les dites précédemment émigrations-immigrations de différentes natures ont toujours indiqué: le monde est en mouvement depuis toujours. Ce mouvement est à la fois sensible aux contextes de ses époques et déborde, dans le contexte actuel, les velléités à l’ordonner ou à le stopper... Ce ne sont pas les migrants qui font ou qui sont en « crise», ce sont nos manières de penser le mouvement migratoire dans la logique de son présent : un monde «liquide» qui se dissémine hors de ses frontières internes, réelles et imaginaires, au sein desquelles nous continuons à le penser... C’est en fait le monde dit stable (depuis les grands mouvements migratoires au tournant du 19e -20e siècle, violents et conquérants ou pacifiques ou d’intérêts) qui est en crise d’accueil de ce qui lui arrive : dérégulé et déstabilisé de nouveau (résultat paradoxal de sa stabilité même !), il se régule autrement dans ses étendues, ses opportunités et l’ampleur de ses mouvements. Il devient «Tout-monde»...

Traces, réseau Histoire-mémoires des im/migrations dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (deuxième région actuelle à recevoir des « migrants »), interroge depuis le début de ce siècle les traces de ces dernières sur son territoire.  Celles qui l’ont marqué par le passé et celles qui, aujourd’hui, dessinent ses devenirs.

Cette histoire, ce sont les acteurs de la région qui la fabriquent. Et d’abord les acteurs des événements migratoires eux-mêmes (aujourd’hui les demandeurs d’asile, les mineurs non accompagnés, les rescapés des guerres et catastrophes diverses, les «choisis» ou qui ont «vocation » à rester comme les dits « subis», abandonnés sans papiers, sans droits, etc.). Et également ceux qui les accueillent, dans le cadre du dit droit des étrangers ou à côté... ainsi que ceux qui les obligent à quitter le territoire !...

Traces est une sorte d’observatoire qui témoigne, au niveau de la région, des dialectiques en cours autour des migrations. Acteurs divers (chercheurs, culturels, sociaux, patrimoniaux, militants, institutionnels et «migrants») y contribuent. Les uns et les autres participent à éclairer le phénomène «im/migrants», ses dits et ses non-dits, son passé et son actualité, ses réalités et ses représentations, ses politiques et ses poétiques… Sa «biennale» est un rendez-vous régional de synchronisation des temporalités des mémoires et des générations, des diversités et de leur «en-commun», des traces et des devenirs, du local et du global, etc. Un rendez-vous avec des vérités novatrices qui n’ont que peu à voir avec les ressassements de l’éternel étranger menaçant !

Chaque biennale de Traces est d’abord celle des acteurs divers qui la font. Ils participent à la construction d’une image de la région fidèle à sa mémoire : hospitalière, ouverte et à la hauteur de ses ambitions au sein du monde. Celle-ci, comme toutes les autres, leur est donc dédiée.

Retrouvez le catalogue de la Biennale ici.